Que dit la loi sur les honoraires d’agence immobilière ?

Beaucoup de vendeurs et d'acquéreurs supposent que les tarifs des agences sont encadrés, voire plafonnés par la loi, à l'image de ce qui existe pour les loyers. La réalité est plus nuancée. Tout dépend du type de transaction : en vente, la liberté tarifaire prime. En location, des plafonds stricts s'appliquent depuis l'entrée en vigueur de la loi ALUR en 2014.

TL;DR : Cet article en bref

  • La loi Hoguet (1970) réglemente la profession immobilière mais n'impose aucun plafond sur les honoraires de vente : chaque agence fixe librement ses tarifs.
  • La loi ALUR plafonne les frais en location : 12 €/m² en zone tendue, 8 €/m² ailleurs, 3 €/m² pour l'état des lieux.
  • Depuis 2014, toute agence a l'obligation légale d'afficher ses honoraires TTC en vitrine et de les préciser dans chaque annonce publiée.

La loi Hoguet : le cadre de référence depuis 1970

Promulguée le 2 janvier 1970, la loi n°70-9 pose les fondements de la réglementation des professions immobilières et conditionne strictement les conditions d'accès au métier d'agent.

Pour exercer légalement, tout professionnel doit détenir une carte T (carte professionnelle "transactions"), souscrire une garantie financière auprès d'un organisme agréé et justifier d'une assurance en responsabilité civile professionnelle.

Ce que cette loi ne prévoit pas, c'est un plafonnement des honoraires de vente : l'agence fixe librement ses tarifs, comme le détaille notre page sur le barème des commissions.

Fixation des honoraires : liberté ou plafonnement selon le type de transaction

La nature de la transaction change radicalement les règles applicables. En matière de vente immobilière, aucun texte ne plafonne les honoraires : les agences pratiquent des fourchettes allant de 3 % à 10 % du prix selon le marché et le type de bien. En location, la loi ALUR a introduit des limites chiffrées, calculées au m² de surface habitable et modulées selon la tension du marché local.

Vente immobilièreLocation
Réglementation applicableLoi Hoguet (1970)Loi ALUR + décret du 29 sept. 2014
Plafond légalAucun8 à 12 €/m² selon la zone
Fourchette pratiquée3 % à 10 % du prix de venteFixée par la loi
Qui fixe le montantL'agence, librementLe législateur

Vérifiez toujours le barème affiché par l'agence, que ce soit en vitrine, sur son site ou dans ses annonces. La transparence est une obligation légale : une agence qui omet de l'afficher clairement vous envoie déjà un signal sur ses pratiques.

Obligations d'affichage et de transparence (loi ALUR)

Ce que l'agence doit obligatoirement afficher

La loi ALUR du 24 mars 2014 a considérablement renforcé les obligations de transparence des agents immobiliers. L'objectif est simple : permettre à chaque client de comparer les offres sur une base identique et d'éviter les mauvaises surprises. Voici ce que tout professionnel est légalement tenu de communiquer :

  • Son barème complet d'honoraires, affiché de façon visible depuis l'extérieur de l'agence.
  • Le montant TTC de ses honoraires, mentionné sur chaque annonce de vente ou de location publiée.
  • Le détail de la répartition entre la part à la charge du vendeur et celle incombant à l'acquéreur.
  • Le mode de calcul retenu : pourcentage du prix de vente ou forfait fixe.
  • Les coordonnées du médiateur de la consommation compétent pour les litiges éventuels.

Tout manquement expose l'agence à des amendes administratives pouvant atteindre 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale.

L'annonce immobilière et ses mentions obligatoires

Chaque annonce publiée doit indiquer si le prix affiché est net vendeur ou honoraires inclus, et préciser clairement qui supporte leur charge. Cette exigence protège autant l'acquéreur, qui connaît le coût réel de son acquisition, que le vendeur, dont le bien est présenté sans ambiguïté. En pratique, une annonce conforme mentionne, par exemple : "350 000 € FAI, honoraires à la charge de l'acquéreur : 4 % TTC soit 13 462 €." Une annonce qui se limite à afficher un prix brut sans autre précision n'est pas conforme. Pour comprendre comment ce montant est calculé, notre page sur le pourcentage de commission vous présente les méthodes les plus courantes.

Qui paie les frais d'agence et à quel moment ?

Répartition vendeur-acheteur : ce que dit le mandat

Aucune loi n'impose que ce soit le vendeur ou l'acheteur qui règle les honoraires : c'est le mandat de vente qui détermine la répartition. En pratique, les configurations diffèrent selon le type de mandat signé :

  • Dans un mandat simple, les honoraires sont le plus souvent à la charge du vendeur et prélevés sur le produit de la vente.
  • Dans un mandat exclusif, les modalités varient librement : l'acquéreur peut être désigné comme redevable de tout ou partie des frais.
  • Dans un mandat semi-exclusif, la répartition dépend des conditions expressément stipulées dans le contrat.

Quand l'agence peut-elle exiger le paiement ?

L'agence ne peut réclamer ses honoraires qu'une fois la vente effectivement conclue, c'est-à-dire "parfaite" au sens juridique. Prenons un exemple concret : M. Dupont signe un compromis de vente, puis exerce son droit de rétractation dans le délai légal de 10 jours. La vente ne s'est pas réalisée, et l'agence ne perçoit rien. Le paiement intervient en règle générale à la signature de l'acte authentique chez le notaire. Si vous préparez votre achat d'un bien, renseignez-vous sur ces modalités dès le départ pour éviter toute confusion.

Quelques points de vigilance à garder en tête...

Avant tout engagement, notre simulateur de frais d'agence vous permet d'estimer le coût réel de la transaction. Au-delà des tarifs, voici les 4 points essentiels à contrôler avant de signer quoi que ce soit :

  • ⚠️ Carte professionnelle : vérifiez que l'agence détient bien une carte T en cours de validité.
  • ⚠️ Devis détaillé : exigez un document écrit précisant tout ce qui est inclus dans les honoraires (diagnostics, état des lieux...).
  • ⚠️ Clause de résiliation : lisez attentivement les conditions de résiliation du mandat avant de parapher.
  • ⚠️ Médiateur de la consommation : en cas de litige non résolu amiablement, vous pouvez saisir le médiateur compétent ou la DGCCRF.

Avant de signer tout mandat, prenez le temps de lire les clauses relatives aux honoraires et à leur répartition. La négociation est souvent possible, notamment sur les biens à prix élevé ou dans les marchés moins tendus : ne vous en privez pas.

FAQ : Tout savoir sur la réglementation des honoraires d'agence immobilière

Les honoraires d'agence sont-ils plafonnés en France ?

Tout dépend du type de transaction. Pour une vente, aucun plafond légal n'existe : l'agence fixe librement ses tarifs. En location, la loi ALUR impose des limites strictes : 12 €/m² en zone tendue, 8 €/m² en zone non tendue, et 3 €/m² pour l'état des lieux, ce dernier montant étant partagé à parts égales entre bailleur et locataire.

Qui fixe les frais d'agence immobilière ?

En vente, c'est l'agence qui détermine librement ses honoraires, dans la limite de son barème affiché. Une négociation reste possible avant la signature du mandat. En location, c'est la loi qui impose les plafonds : l'agence n'a pas la latitude de les dépasser, quelles que soient les circonstances ou la qualité du bien.

Quand doit-on payer les honoraires à l'agence ?

Le paiement des honoraires intervient uniquement à la conclusion définitive de la vente, c'est-à-dire à la signature de l'acte authentique chez le notaire. Aucun versement ne peut être légalement exigé avant cette étape, y compris au moment de la signature du compromis de vente.

Peut-on négocier les frais d'agence ?

Oui, et cette démarche est tout à fait légitime. La loi ne fixe aucun minimum tarifaire pour les ventes immobilières. La négociation aboutit plus facilement sur des biens à prix élevé ou lorsque le marché local est moins dynamique. Soulevez la question avant de signer le mandat, c'est le moment le plus opportun pour le faire.

L'agence peut-elle facturer des honoraires sans mandat ?

Non, la loi Hoguet est formelle : sans mandat écrit et signé par le mandant, aucun honoraire n'est dû. Toute facturation en l'absence de ce contrat est juridiquement sans fondement et peut être contestée devant les tribunaux compétents sans difficulté majeure.

Que risque une agence qui ne respecte pas la loi ALUR ?

Une agence en infraction s'expose à des amendes administratives prononcées par la DGCCRF : jusqu'à 3 000 € pour un professionnel individuel et 15 000 € pour une société. Des sanctions pénales peuvent s'ajouter selon la gravité des manquements constatés, sans compter les conséquences durables sur la réputation de l'agence.

📚 SOURCES

  • Loi n°70-9 du 2 janvier 1970 réglementant les conditions d'exercice des activités relatives à certaines opérations portant sur les immeubles et les fonds de commerce (loi Hoguet), Légifrance.
  • Loi n°2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové (loi ALUR), Légifrance.
  • Décret n°2014-1099 du 29 septembre 2014 relatif à l'encadrement des honoraires des professionnels de l'immobilier en matière de location, Légifrance.
  • Barèmes des plafonds d'honoraires de location par zone géographique (mis à jour au 1er avril 2022), Service-public.fr (2026).
  • Obligations de l'agent immobilier envers ses clients, Service-public.fr, Fiche F2954 (consulté en 2026).
Écrit par Nathalie Bourget
Rédactrice éditoriale immobilier